Démarches & autorisations

Étude de sol obligatoire : ce qui change au 1er juillet 2026

Les sols argileux gonflent quand ils s'humidifient et se rétractent quand ils sèchent. Ce mouvement, amplifié par l'alternance de sécheresses et de fortes pluies, provoque des fissurations qui touchent des centaines de milliers de maisons individuelles en France.

Antony

Antony

Expert en urbanisme


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Étude de sol obligatoire : ce qui change au 1er juillet 2026
Bureau d’études et Bafter interviennent souvent ensemble, à des étapes distinctes.

En bref

  • L'obligation d'étude géotechnique découle de la loi ELAN, codifiée aux articles L.132-4 à L.132-9 du Code de la construction et de l'habitation
  • Elle s'applique dans les zones d'exposition moyenne et forte au retrait-gonflement des argiles. Les zones faible et résiduelle n'emportent aucune obligation
  • L'étude G1 incombe au vendeur d'un terrain non bâti constructible : elle est annexée à la promesse ou à l'acte de vente
  • L'étude G2 incombe au maître d'ouvrage, avant la conclusion de tout contrat de travaux, pour les immeubles à usage d'habitation ne comportant pas plus de deux logements
  • Prix constatés : 800 à 1 200 € pour une G1, 2 500 à 3 500 € pour une G2 complète
  • L'étude de sol n'est PAS une pièce du dossier de permis de construire. C'est une obligation de droit privé, pas d'urbanisme
  • Sanction pénale : jusqu'à 45 000 € d'amende (article L.183-4 du CCH)

La loi ELAN a créé un dispositif de prévention : dans les zones les plus exposées, des études géotechniques deviennent obligatoires, avec une répartition précise des rôles entre le vendeur du terrain, le maître d'ouvrage et le constructeur.

Voici qui doit quoi, à quel moment, et à quel prix.

⚠️ Une nouvelle carte est entrée en application

Un arrêté du 9 janvier 2026 a actualisé la carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles. La nouvelle cartographie, établie par le BRGM à partir de centaines de milliers de sinistres recensés et intégrant l'effet du changement climatique, s'applique depuis le 1er juillet 2026 aux promesses et actes de vente de terrains non bâtis constructibles, ainsi qu'aux contrats de travaux conclus à compter de cette date.

Ce que cela change : les zones d'exposition moyenne et forte passent d'environ 48 % à 55 % du territoire métropolitain. Le nombre de maisons individuelles concernées passe d'environ 10,3 à 12,1 millions. Les régions les plus touchées par cette extension sont le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l'Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est.

Un terrain qui n'était pas concerné en 2025 peut l'être aujourd'hui. Si vous vendez un terrain ou lancez un projet de construction, vérifiez le nouveau zonage sur georisques.gouv.fr.

Attention à une confusion très répandue : plusieurs sites affirment que l'obligation s'étendrait désormais aux maisons existantes. C'est inexact. L'arrêté du 9 janvier 2026 est purement cartographique : il élargit l'assiette géographique, pas le champ matériel de l'obligation.

Pourquoi cette obligation existe

Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est un phénomène naturel : les sols argileux voient leur volume varier selon leur teneur en eau. En période de sécheresse, ils se rétractent ; à la réhumidification, ils gonflent.

Une maison fondée superficiellement sur un tel sol subit des mouvements différentiels : une partie du bâtiment descend, l'autre non. Résultat : fissurations des murs, décollements, déformations des menuiseries.

C'est aujourd'hui l'un des principaux postes de sinistralité en habitat individuel, et son coût progresse avec l'intensification des épisodes de sécheresse.

Le dispositif légal

TexteApport
Loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 68Crée le dispositif
Décret n° 2019-495 du 22 mai 2019Définit les modalités d'application
Trois arrêtés du 22 juillet 2020Fixent le zonage, le contenu des études et les techniques particulières de construction
Arrêtés du 24 septembre 2020Reportent l'entrée en vigueur au 1er octobre 2020
Arrêté du 9 janvier 2026Actualise la carte des zones, applicable au 1er juillet 2026

Les dispositions sont codifiées aux articles L.132-4 à L.132-9 et R.132-3 à R.132-8 du Code de la construction et de l'habitation.

Une précision utile : de nombreuses sources indiquent encore une entrée en vigueur au 1er janvier 2020. C'est inexact — deux arrêtés du 24 septembre 2020 ont substitué la date du 1er octobre 2020.

La logique du dispositif

Il repose sur une chaîne d'information :

  • Le vendeur informe l'acquéreur de la nature du sol, via l'étude G1
  • Le maître d'ouvrage transmet cette étude aux constructeurs, ou fournit une G2 à défaut
  • Le constructeur adapte l'ouvrage, soit en suivant les recommandations de la G2, soit en appliquant des techniques particulières de construction définies par arrêté

Mon terrain est-il concerné ? Le zonage

Les quatre niveaux d'exposition

NiveauObligation d'étude
ForteOui
MoyenneOui
FaibleNon
RésiduelleNon

Seules les zones moyenne et forte emportent l'obligation légale. En zone faible ou résiduelle, aucune étude n'est imposée — ce qui ne signifie pas qu'elle soit inutile, notamment sur un terrain hétérogène.

Où vérifier

Sur georisques.gouv.fr, rubrique des cartes interactives : saisissez l'adresse ou les références cadastrales du terrain. La carte affiche le niveau d'exposition applicable.

Vérifiez que vous consultez bien la carte en vigueur. La cartographie a été actualisée par l'arrêté du 9 janvier 2026, applicable depuis le 1er juillet 2026. Un terrain classé en aléa faible sous l'ancienne carte peut être passé en aléa moyen.

Les techniques constructives imposées à défaut d'étude

Lorsque le constructeur choisit de ne pas suivre une étude G2, il doit appliquer les techniques particulières de construction définies par l'arrêté du 22 juillet 2020. Elles comprennent notamment :

PrescriptionDétail
Ancrage minimal des fondations1,20 m en zone d'exposition forte, 0,80 m en zone moyenne
Fondations en béton armé, continues et homogènesPour éviter les tassements différentiels
Interdiction des sous-sols partielsIls créent des différences d'appui
Désolidarisation des ouvrages accolésTerrasses, garages, extensions
Éloignement des eaux pluvialesPour éviter les variations d'humidité au pied des fondations
Éloignement de la végétationLes arbres assèchent le sol en profondeur

Ces prescriptions donnent une idée concrète de ce que l'étude vise à prévenir.

L'étude G1 : à la charge du vendeur

Qui doit fournir la G1

Article L.132-5 du CCH : le vendeur d'un terrain non bâti constructible situé en zone d'exposition moyenne ou forte doit fournir une étude géotechnique préalable (G1).

PointRègle
Qui la fournitLe vendeur
QuandAnnexée à la promesse de vente ; à défaut de promesse, à l'acte authentique ; au cahier des charges en cas de vente publique
Durée de validité30 ans, à condition qu'aucun remaniement du sol n'ait été effectué
TransmissionElle reste annexée au titre de propriété et suit les mutations successives
ExceptionLes secteurs où les règles d'urbanisme ne permettent pas la réalisation de maisons individuelles

Ce que contient une G1

L'arrêté du 22 juillet 2020 s'appuie sur la norme professionnelle applicable aux missions géotechniques. Une mission G1 comprend deux phases : une étude de site — analyse documentaire, contexte géologique, historique du terrain — et des principes généraux de construction, qui identifient les aléas et posent les premières recommandations.

C'est une étude de cadrage, pas une étude de conception : elle ne dimensionne pas les fondations.

Un point important : l'obligation ne dépend pas du projet de l'acquéreur

Une réponse ministérielle récente a confirmé une lecture stricte du texte : l'obligation s'impose dès la vente du terrain, quelle que soit la qualité de l'acquéreur et quel que soit l'usage projeté.

Le critère est le caractère constructible du terrain au regard des documents d'urbanisme, et non ce que l'acquéreur compte réellement en faire. Un terrain constructible acheté sans intention de construire reste soumis à l'obligation.

La seule exception tient au document d'urbanisme lui-même : si le PLU interdit la maison individuelle sur le secteur, l'obligation ne s'applique pas.

L'étude G2 : à la charge du maître d'ouvrage

Qui doit fournir la G2

Article L.132-6 du CCH : avant la conclusion de tout contrat de travaux ou de maîtrise d'œuvre portant sur un immeuble à usage d'habitation, ou à usage professionnel et d'habitation, ne comportant pas plus de deux logements, le maître d'ouvrage doit :

  • transmettre l'étude G1 aux constructeurs, qui en accusent réception
  • à défaut de G1 disponible, fournir une étude G2
PointRègle
Qui la fournitLe maître d'ouvrage — c'est-à-dire vous, si vous faites construire
QuandAvant la conclusion du contrat de travaux ou de maîtrise d'œuvre
ChampImmeubles d'habitation de deux logements au maximum
Durée de validitéLimitée au seul projet pour lequel elle a été réalisée

Ce que contient une G2

La mission G2 comporte une phase avant-projet (G2 AVP) et une phase projet (G2 PRO). Elle comprend des sondages, des essais, et débouche sur des recommandations dimensionnantes : type et profondeur de fondations, dispositions constructives à prévoir.

C'est elle qui permet réellement d'adapter l'ouvrage au sol.

L'option ouverte au constructeur

Article L.132-7 du CCH : le constructeur peut, au choix,

  • suivre les recommandations de l'étude G2, ou
  • appliquer les techniques particulières de construction définies par l'arrêté du 22 juillet 2020

Le choix appartient au constructeur, pas au maître d'ouvrage.

Le point de vigilance en contrat de construction de maison individuelle

En CCMI, l'étude G2 est en pratique commandée par le constructeur et intégrée au prix forfaitaire. Or le prix d'un CCMI est ferme et définitif : un surcoût de fondations spéciales révélé après la signature reste en principe à la charge du constructeur.

La conséquence pratique : faites réaliser la G2 avant de signer le contrat. Vous connaîtrez le coût réel des fondations et pourrez comparer les offres sur une base solide. Un constructeur qui refuse une étude préalable à la signature devrait vous alerter.

Les travaux exclus de l'obligation

Article R.132-7 du CCH — deux catégories d'exclusion.

1. Les travaux sans incidence sur le sol

Ne sont pas soumis à l'obligation les contrats portant sur des travaux qui n'affectent pas :

  • les fondations ou la structure du bâtiment
  • l'écoulement des eaux
  • les échanges thermiques entre le sol et le sous-sol du bâtiment

Concrètement : une réfection de toiture, un changement de fenêtres, un ravalement ou une réfection intérieure ne déclenchent pas l'obligation.

2. Les petites extensions désolidarisées

Les extensions, y compris les vérandas et les garages, ne sont pas soumises à l'obligation sous deux conditions cumulatives :

ConditionPrécision
Superficie du projet inférieure à 20 m²« Inférieure à » : 20 m² pile déclenche l'obligation
Construction désolidarisée du bâtiment existantJoint de rupture entre l'extension et l'existant

Ces deux conditions sont cumulatives, et c'est le point le plus mal compris du texte. Une véranda de 12 m² accolée à la maison, sans désolidarisation, reste soumise à l'obligation malgré sa petite surface.

Une imprécision du texte à signaler : la notion de « superficie du projet » n'est définie nulle part — ni comme emprise au sol, ni comme surface de plancher. C'est une faiblesse reconnue de la rédaction. En cas de projet proche du seuil, faites préciser la lecture retenue par votre constructeur et votre assureur.

Combien coûte une étude de sol ?

Il n'existe aucun barème officiel. Les fourchettes ci-dessous proviennent d'acteurs privés et présentent une dispersion importante.

MissionFourchette constatéeCœur de marché
G1 — étude préalable, à la charge du vendeur500 – 2 000 €800 – 1 200 €
G2 AVP — avant-projet1 000 – 2 750 €1 500 – 2 000 €
G2 PRO — projet2 000 – 3 600 €2 500 – 3 500 €
G2 complète (AVP + PRO)2 000 – 5 000 €2 500 – 3 500 €
G5 — diagnostic après sinistre2 000 – 4 000 €~2 500 €

Fourchettes constatées en France mi-2026. Vérifiez si les prix annoncés sont HT ou TTC — l'écart est de 20 %.

Ce qui fait varier le prix

FacteurImpact
Nombre et profondeur des sondagesPoste dominant du devis
Type d'essais : pénétromètre dynamique ou pressiomètreLe pressiomètre est plus coûteux et plus précis
Essais de laboratoire (limites d'Atterberg, valeur au bleu, essais de gonflement)+ 200 à 500 €
Accessibilité du terrain pour la machine de sondage+ 200 à 600 €
Présence d'un sous-sol ou d'un étage+ 300 à 800 €
Localisation en Île-de-France+ 20 à 30 %

Le conseil pratique : comparez les devis sur le nombre et la profondeur des sondages, pas seulement sur le montant. Une étude à 900 € avec deux sondages superficiels ne vaut pas une étude à 1 400 € avec quatre sondages profonds — et c'est cette dernière qui vous protégera réellement.

Un signal à connaître : les grands bureaux d'études nationaux refusent généralement d'afficher un prix, précisément parce qu'il dépend entièrement de la configuration du terrain. Un prestataire qui annonce un tarif unique sans avoir vu le terrain fait un devis de façade.

L'étude de sol et le permis de construire : la confusion à éviter

C'est le point le plus mal compris du dispositif, y compris par certains services instructeurs.

La réponse est claire : non

L'étude de sol liée au retrait-gonflement des argiles n'est pas une pièce du dossier de permis de construire.

L'article R.431-4 du Code de l'urbanisme pose un principe de limitativité : le service instructeur ne peut exiger que les pièces expressément énumérées par le Code. L'étude géotechnique RGA n'y figure pas — elle relève du Code de la construction et de l'habitation, pas du Code de l'urbanisme.

La conséquence pratique : si on vous réclame une étude de sol au titre du permis, la demande est irrégulière. Elle ne suspend pas le délai d'instruction et ne fait pas obstacle à la naissance d'un permis tacite.

Le dispositif RGA est une obligation de droit privé : elle joue entre le vendeur et l'acquéreur, puis entre le maître d'ouvrage et le constructeur. Elle ne relève pas du contrôle de l'administration au stade du permis.

Les pièces avec lesquelles il ne faut pas confondre

FondementPièceStade
R.431-16 f) du Code de l'urbanismeLorsqu'un plan de prévention des risques (PPRN, PPRT) subordonne la construction à une étude préalable : une attestation certifiant sa réalisation et la prise en compte de ses conditionsAu dépôt du permis
R.431-16 e) du Code de l'urbanismeAttestation parasismique, selon la zone et le bâtimentAu dépôt du permis
Règlement de PLUPeut imposer une étude, mais via le mécanisme de l'article R.431-16 f)Au dépôt du permis
R.122-38 du CCHAttestation de prise en compte du RGAÀ l'achèvement des travaux, avec la DAACT — pas au permis

Cette dernière attestation, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, est établie par un contrôleur technique, un bureau d'études, un architecte ou — en maison individuelle — le constructeur qualifié. Elle suit ensuite le titre de propriété.

Sur le contrôle de l'attestation exigée au titre d'un PPRN : le Conseil d'État a jugé (25 octobre 2018, n° 412542) que le service instructeur et le juge vérifient uniquement la production matérielle de l'attestation, sans porter d'appréciation sur le contenu de l'étude ni sur son caractère suffisant.

Les sanctions

Côté construction

Article L.183-4 du CCH : le non-respect des obligations des articles L.132-5 à L.132-7 est puni d'une amende de 45 000 €, portée en cas de récidive à six mois d'emprisonnement. L'article L.183-6 permet en outre d'ordonner la mise en conformité ou la démolition.

En CCMI, la nullité du contrat peut être encourue lorsque les travaux d'adaptation au sol rendus nécessaires par l'étude géotechnique ne sont pas énoncés au contrat.

Côté vente

Le CCH ne prévoit pas de sanction civile expresse en cas de défaut de fourniture de la G1. C'est un constat unanime de la doctrine notariale.

On revient donc au droit commun :

FondementConséquence possible
Manquement à l'obligation précontractuelle d'information (article 1112-1 du Code civil)Dommages-intérêts, généralement au titre d'une perte de chance
Dol par réticence (article 1137) ou erreur (article 1132)Nullité relative, non automatique
Vices cachés (articles 1641 et suivants)Souvent neutralisés par la clause d'exclusion entre non-professionnels
Responsabilité du notaire (devoir de conseil)C'est le risque le plus tangible en pratique

Une distinction importante : la G1 n'est pas un diagnostic du dossier de diagnostic technique. Elle ne prive donc pas le vendeur du bénéfice de la clause d'exonération des vices cachés.

Côté assurance

L'étude n'est pas une condition légale de souscription d'une assurance dommages-ouvrage. Mais une fausse déclaration sur sa réalisation ouvre les sanctions du Code des assurances.

Le point qui compte réellement : en cas de sinistre sécheresse relevant du régime des catastrophes naturelles, l'assureur peut chercher à requalifier le désordre en défaut de conception ou d'exécution. L'absence de G1 ou de G2 lui en fournit précisément l'argument. C'est le motif de refus le plus fréquent en pratique.

La garantie décennale joue de plein droit pour les fissurations liées au RGA : l'absence d'étude n'exonère pas le constructeur, elle aggrave sa position.

Les 6 erreurs les plus fréquentes

1. Consulter l'ancienne carte. La cartographie a changé au 1er juillet 2026. Un terrain non concerné en 2025 peut l'être aujourd'hui.

2. Croire que l'obligation dépend du projet de l'acquéreur. Elle s'impose dès la vente d'un terrain constructible, quelle que soit l'intention de l'acheteur.

3. Ne retenir que la condition de surface pour les extensions. L'exclusion des moins de 20 m² suppose aussi la désolidarisation du bâtiment existant. Les deux conditions sont cumulatives.

4. Signer un CCMI avant d'avoir la G2. C'est le meilleur moyen de découvrir le coût des fondations spéciales une fois engagé.

5. Confondre étude de sol et pièce du permis de construire. Ce sont deux dispositifs distincts. Une demande d'étude de sol au titre du permis est irrégulière.

6. Comparer les devis sur le seul montant. Le nombre et la profondeur des sondages déterminent la valeur réelle de l'étude.

Questions fréquentes

L'étude de sol est-elle obligatoire pour toutes les constructions ?+

Non. L'obligation ne s'applique que dans les zones d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, et pour les immeubles à usage d'habitation ne comportant pas plus de deux logements. Vérifiez le zonage de votre terrain sur georisques.gouv.fr, en utilisant la carte en vigueur depuis le 1er juillet 2026.

Qui doit payer l'étude de sol ?+

L'étude G1 est à la charge du vendeur d'un terrain non bâti constructible : elle est annexée à la promesse ou à l'acte de vente. L'étude G2 est à la charge du maître d'ouvrage, avant la conclusion de tout contrat de travaux — sauf si une G1 valable existe déjà et lui est transmise.

Quelle différence entre une étude G1 et une étude G2 ?+

La G1 est une étude préalable de cadrage : contexte géologique, identification des aléas, principes généraux de construction. Elle ne dimensionne pas les fondations. La G2 est une étude de conception : elle comporte des sondages et des essais, et débouche sur des recommandations dimensionnantes pour un projet précis.

Combien de temps une étude de sol reste-t-elle valable ?+

L'étude G1 est valable 30 ans, à condition qu'aucun remaniement du sol n'ait été effectué. Elle reste annexée au titre de propriété et suit les mutations successives du terrain. L'étude G2 n'est valable que pour le projet précis pour lequel elle a été réalisée.

L'étude de sol est-elle une pièce du permis de construire ?+

Non. L'étude géotechnique liée au retrait-gonflement des argiles ne figure pas dans la liste limitative des pièces du dossier de permis de construire. C'est une obligation du Code de la construction et de l'habitation, pas du Code de l'urbanisme. Une demande de pièce complémentaire portant sur cette étude est irrégulière et ne suspend pas le délai d'instruction.

Une véranda ou un garage nécessite-t-il une étude de sol ?+

Les extensions, y compris vérandas et garages, sont exclues de l'obligation à deux conditions cumulatives : une superficie de projet inférieure à 20 m² et une désolidarisation du bâtiment existant. Une véranda de 12 m² accolée sans joint de rupture reste donc soumise à l'obligation.

Combien coûte une étude de sol ?+

De 800 à 1 200 € pour une étude G1 dans le cœur de marché, de 2 500 à 3 500 € pour une G2 complète. La dispersion des prix est importante : comparez les devis sur le nombre et la profondeur des sondages, pas seulement sur le montant, et vérifiez si les prix sont annoncés HT ou TTC.

Que risque-t-on à ne pas faire l'étude de sol ?+

Côté construction, une amende pouvant atteindre 45 000 € (article L.183-4 du CCH), et une possible mise en conformité ou démolition. Côté vente, le CCH ne prévoit pas de sanction civile expresse, mais le droit commun s'applique — dommages-intérêts, voire nullité — et la responsabilité du notaire peut être engagée. En cas de sinistre sécheresse, l'absence d'étude fournit à l'assureur un argument pour refuser la prise en charge.

Mon terrain était en zone faible, il est passé en zone moyenne : que dois-je faire ?+

Si vous vendez le terrain ou concluez un contrat de travaux à compter du 1er juillet 2026, l'obligation s'applique désormais. Vérifiez le nouveau classement sur georisques.gouv.fr et anticipez l'étude G1 si vous êtes vendeur, la G2 si vous êtes maître d'ouvrage.

L'obligation s'applique-t-elle aux maisons déjà construites ?+

Non. L'arrêté du 9 janvier 2026 est purement cartographique : il élargit l'assiette géographique de l'obligation, pas son champ matériel. Le dispositif vise la vente de terrains non bâtis constructibles et les contrats de travaux, pas les maisons existantes. Plusieurs sites affirment le contraire — c'est inexact.

Sources

  • Loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 68
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L.132-4 à L.132-9 (anciens L.112-20 à L.112-25)
  • Code de la construction et de l'habitation, articles R.132-3 à R.132-8
  • Code de la construction et de l'habitation, articles L.183-4 et L.183-6 (sanctions)
  • Décret n° 2019-495 du 22 mai 2019
  • Arrêtés du 22 juillet 2020 (zones, contenu des études, techniques particulières de construction)
  • Arrêtés du 24 septembre 2020 (report de l'entrée en vigueur au 1er octobre 2020)
  • Arrêté du 9 janvier 2026 (actualisation de la carte des zones, applicable au 1er juillet 2026)
  • Décret n° 2023-1173 du 12 décembre 2023 et arrêté du 21 décembre 2023 (attestation RGA à l'achèvement)
  • Code de l'urbanisme, articles R.431-4 et R.431-16
  • CE, 25 octobre 2018, n° 412542 — contrôle limité à la production de l'attestation
  • georisques.gouv.fr — cartes interactives du retrait-gonflement des argiles

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Rédigé par

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