Démarches & autorisations

Permis de construire : le guide complet 2026

Le permis de construire est l'autorisation d'urbanisme la plus lourde, et celle dont dépend l'essentiel des projets de construction et d'agrandissement.

Antony

Antony

Expert en urbanisme


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Permis de construire : le guide complet 2026
Le permis de construire encadre tout projet de construction ou d'extension dépassant les seuils de la déclaration préalable.

En bref

  • Obligatoire au-delà de 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol créée — 40 m² pour l'extension d'un bâtiment existant en zone urbaine d'une commune dotée d'un PLU
  • Toujours obligatoire si le total après travaux dépasse 150 m² de surface de plancher, avec recours à un architecte
  • Formulaire : Cerfa 13406*17 pour une maison individuelle et ses annexes, Cerfa 13409*17 pour les autres constructions
  • 8 pièces obligatoires : PCMI1 à PCMI8, plus les attestations selon le projet
  • Délai d'instruction : 2 mois pour une maison individuelle, 3 mois pour les autres, majoré d'1 mois en secteur protégé
  • Coût du dossier : gratuit en mairie, mais 800 à 4 000 € de montage selon le prestataire, plus la taxe d'aménagement
  • Validité : 3 ans, prorogeable deux fois un an
  • Après l'obtention : 2 mois d'affichage et de recours des tiers, 3 mois de délai de retrait par la mairie

Ce guide couvre l'intégralité du parcours : savoir si votre projet en relève, monter le dossier pièce par pièce, comprendre les délais réels, et gérer ce qui vient après — l'affichage, les recours, la fin de chantier et les déclarations fiscales.

Quand le permis de construire est-il obligatoire ?

Les seuils de surface

Surface de plancher ou emprise au sol crééeZone U d'une commune avec PLUHors zone U, ou commune sans PLU
≤ 5 m²Aucune formalitéAucune formalité
De 5 à 20 m²Déclaration préalableDéclaration préalable
De 20 à 40 m²Déclaration préalable*Permis de construire
> 40 m²Permis de construirePermis de construire
Total > 150 m² après travauxPermis + architectePermis + architecte

*Uniquement pour l'extension d'une construction existante. Une construction indépendante reste plafonnée à 20 m².

C'est la plus élevée des deux surfaces — surface de plancher ou emprise au sol — qui détermine le régime. Le calcul est détaillé dans notre article sur les surfaces.

Les cas où le permis est requis indépendamment de la surface

SituationRégime
Construction neuve de plus de 20 m²Permis de construire
Changement de destination avec modification de la structure porteuse ou de la façadePermis de construire
Travaux modifiant les structures porteuses de façon importantePermis de construire
Piscine de plus de 100 m², ou abri de piscine de plus de 1,80 mPermis de construire
Panneaux photovoltaïques de plus de 250 kWcPermis de construire
Projet en secteur protégé dépassant les seuilsPermis + avis de l'ABF

Le seuil des 150 m² et l'architecte

Le recours à un architecte est obligatoire (article R.431-2 du Code de l'urbanisme) dès lors que la surface de plancher totale du bâtiment après travaux dépasse 150 m².

Trois précisions importantes :

  • On additionne l'existant et le créé, pas seulement le créé
  • Le seuil est porté à 800 m² pour les constructions à usage agricole
  • Pour une personne morale (SCI, SARL), l'architecte est obligatoire dès le premier mètre carré

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Les 8 pièces du dossier, expliquées une par une

PièceNomCe qu'elle doit contenirPiège le plus fréquent
PCMI1Plan de situationLocalisation du terrain dans la commune, échelle 1/5000 à 1/25000Échelle trop rapprochée, on ne situe plus le terrain
PCMI2Plan de masseVue de dessus cotée, en 3 dimensions, état initial et projeté, réseaux, accès, plantationsHauteurs non cotées ; état initial absent
PCMI3Plan de coupeProfil du terrain naturel et fini, hauteurs, altimétriesTerrain naturel non représenté
PCMI4Notice descriptiveÉtat initial du terrain, présentation du projet, insertion, matériaux, teintesRédigée en trois lignes, sans description des matériaux
PCMI5Plan des façades et toituresToutes les façades, cotées, avec les ouvertures et les matériauxFaçades manquantes, ou état initial absent
PCMI6Document graphique d'insertionPhotomontage du projet dans son environnementMontage grossier ou photo non représentative
PCMI7Photographie de l'environnement procheLe terrain vu de près
PCMI8Photographie de l'environnement lointainLe terrain dans le paysagePrise depuis le terrain au lieu de vers le terrain

Les pièces complémentaires selon le projet

PièceQuand elle est requise
Attestation de prise en compte de la réglementation thermiqueConstruction neuve, et extensions selon la surface — faites confirmer le référentiel applicable par un bureau d'études thermique
Attestation parasismiqueSelon la zone de sismicité et le type de bâtiment
Attestation relative à une étude imposée par un PPRN ou un PPRTLorsqu'un plan de prévention des risques subordonne la construction à une étude préalable (article R.431-16 f)
Accord du SPANCAssainissement non collectif
Autorisation de voirieCréation ou modification d'un accès sur la voie publique
Attestation de superficie ou document du géomètreSelon le projet et les exigences locales

Un point important sur les pièces exigibles

Le service instructeur ne peut réclamer que les pièces limitativement énumérées par le Code de l'urbanisme (article R.431-4). Une demande portant sur une pièce non exigible est illégale : elle ne suspend pas le délai d'instruction et ne fait pas obstacle à la naissance d'un permis tacite.

Le cas le plus fréquent : l'étude de sol. Une étude géotechnique liée au risque de retrait-gonflement des argiles n'est pas une pièce du dossier de permis de construire — c'est une obligation relevant du Code de la construction et de l'habitation, entre vendeur et acquéreur puis entre maître d'ouvrage et constructeur. Si on vous la réclame au titre du permis, la demande est irrégulière.

À ne pas confondre avec l'attestation exigée lorsqu'un plan de prévention des risques impose une étude préalable : celle-ci est bien une pièce du dossier.

Remplir le Cerfa : les rubriques qui posent problème

FormulaireUsage
Cerfa 13406*17Maison individuelle et ses annexes
Cerfa 13409*17Autres constructions
Cerfa 13411*11Permis d'aménager
Cerfa 13405*11Permis de démolir
Cerfa 16700*02Permis modificatif et régularisation
Cerfa 16701*02Transfert d'une autorisation

Vérifiez toujours la version en cours sur service-public.gouv.fr : les millésimes sont régulièrement actualisés, et déposer une version périmée entraîne une demande de régularisation.

Les cinq rubriques qui posent le plus de problèmes

1. La destination de la construction. Habitation, commerce, exploitation agricole, bureau : le choix conditionne le régime applicable et la fiscalité. Une erreur ici se paie cher, notamment sur les exonérations de taxe d'aménagement.

2. Les surfaces. Le formulaire distingue la surface de plancher créée, supprimée et existante. Reprenez vos calculs et assurez-vous de leur cohérence avec le plan de masse et le plan de coupe.

3. La déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions. C'est un feuillet annexé, souvent bâclé, qui détermine votre taxe d'aménagement. Une erreur de destination ou de surface s'y traduit directement en euros. C'est aussi ici que se jouent les exonérations, notamment pour les bâtiments agricoles.

4. Le régime de la demande. Vérifiez que vous cochez bien le bon formulaire selon la nature du projet.

5. Les coordonnées et la qualité du demandeur. Personne physique ou morale : le choix a des conséquences directes, notamment sur l'obligation de recourir à un architecte.

Combien coûte un permis de construire ?

Le dépôt est gratuit

Aucune taxe, aucun frais de dossier n'est perçu au dépôt. En revanche, plusieurs postes s'ajoutent.

Le montage du dossier

PrestataireCoût indicatif
Vous-même0 € (hors temps passé)
Service en ligne de montage de dossier300 – 900 €
Dessinateur-projeteur600 – 1 800 €
Maître d'œuvre900 – 2 500 €
Architecte, mission de dépôt de permis seule1 500 – 4 000 €
Architecte, mission complète avec suivi de chantier8 – 12 % du montant des travaux

La taxe d'aménagement

C'est le poste principal, et il est dû environ 90 jours après l'achèvement.

Surface taxable × Valeur forfaitaire × (Taux communal + Taux départemental)

Valeurs forfaitaires 2026 : 892 €/m² hors Île-de-France, 1 011 €/m² en Île-de-France. Taux : communal de 1 à 5 % (jusqu'à 20 % dans certains secteurs sur délibération motivée), départemental jusqu'à 2,5 %, régional jusqu'à 1 % en Île-de-France.

Surface taxableHors Île-de-France (4 % + 2,5 %)Île-de-France (4 % + 2,5 % + 1 %)
40 m²2 319 €3 033 €
100 m²5 798 €7 583 €
150 m²8 697 €11 374 €

Attention : la surface taxable inclut les garages et places de stationnement, contrairement à la surface de plancher. Des valeurs forfaitaires spécifiques s'appliquent par ailleurs aux piscines et aux emplacements de stationnement non compris dans un bâtiment.

Des exonérations de plein droit existent, notamment pour certains bâtiments agricoles, et des abattements peuvent être délibérés par les collectivités. À vérifier en mairie.

Les autres postes

PosteCoût indicatif
Étude de sol géotechnique, si nécessaire800 – 3 500 €
Étude thermique500 – 1 500 €
Relevé de géomètre500 – 2 000 €
Bornage500 – 1 500 €
Panneau d'affichage réglementaire15 – 60 €
Constat d'huissier de l'affichage200 – 500 €

Le dépôt et l'instruction

Où et comment déposer

  • En ligne, via le guichet numérique de la commune — les communes de plus de 3 500 habitants doivent en proposer un. Les particuliers restent libres de déposer en mairie ou par recommandé ; seules les personnes morales (SCI, SARL) sont tenues au dépôt électronique dans ces communes depuis le 1er janvier 2025 (article R.423-2-1 du Code de l'urbanisme)
  • En mairie, contre récépissé
  • Par courrier recommandé avec accusé de réception

Conservez impérativement le récépissé : c'est lui qui établit le point de départ des délais.

Les délais d'instruction

Type de projetDélai
Maison individuelle et ses annexes2 mois
Autres constructions3 mois
Majoration en secteur protégé ou avis de l'ABF+ 1 mois
Établissement recevant du publicJusqu'à 5 mois dans certains cas

Ce qui suspend le délai

Le service dispose d'un mois à compter du dépôt pour notifier une demande de pièces complémentaires. Dans ce cas :

  • le délai est suspendu
  • vous avez 3 mois pour fournir les pièces
  • le délai repart intégralement à zéro à réception

C'est le principal facteur de retard, et la raison pour laquelle un dossier complet du premier coup fait gagner un mois entier.

La décision

À l'issue du délai, trois issues : arrêté d'accord, arrêté de refus, ou permis tacite en l'absence de réponse.

Le permis tacite suppose un dossier complet, aucune majoration notifiée dans le premier mois, et un projet ne relevant pas d'un cas où le silence vaut rejet. Demandez à la mairie un certificat attestant de la décision tacite : il vous sera réclamé à la revente.

Le détail complet des délais est traité dans notre article dédié.

Après l'obtention : affichage, recours, chantier

L'affichage sur le terrain

RègleDétail
SupportPanneau rectangulaire, dimensions supérieures à 80 cm
EmplacementSur le terrain, visible depuis la voie publique
DuréeToute la durée du chantier, et au minimum 2 mois continus
ContenuNom du bénéficiaire, date et numéro du permis, nature du projet, superficie, hauteur, adresse de la mairie, mention des voies et délais de recours

Sans affichage régulier, le délai de recours des tiers ne court pas. Votre permis reste contestable très longtemps après l'achèvement.

Prouvez l'affichage : photographies datées à intervalles réguliers, et idéalement un constat d'huissier au début, au milieu et à la fin de la période de deux mois. Quelques centaines d'euros pour sécuriser un projet qui en vaut des dizaines de milliers.

Les deux délais à purger

DélaiDuréePoint de départ
Recours des tiers2 moisPremier jour d'une période continue de 2 mois d'affichage (article R.600-2)
Retrait par la mairie3 moisDélivrance du permis

Vous pouvez légalement démarrer les travaux dès la notification et l'affichage. En pratique, attendez la purge de ces délais : un recours qui prospère sur un chantier engagé est une catastrophe financière.

Le certificat de non-recours, à demander à la mairie ou au greffe du tribunal administratif, sécurise le démarrage et vous sera réclamé à la revente.

L'ouverture de chantier

La déclaration d'ouverture de chantier (DOC) est à adresser à la mairie au moment où les travaux commencent. C'est une formalité simple, souvent oubliée.

Modifier, transférer, proroger son permis

Le permis modificatif

Il permet d'ajuster un projet en cours de validité et avant achèvement, pour des modifications qui ne bouleversent pas l'économie générale du projet : déplacement d'une ouverture, changement d'aspect, ajustement de surface limité.

Pour des modifications substantielles — changement d'implantation, augmentation importante de surface, modification de la destination — un nouveau permis est nécessaire.

Le délai d'instruction d'un modificatif est le même que celui du permis initial.

Le transfert de permis

Un permis est attaché au terrain, pas à la personne. Il peut être transféré à un nouveau bénéficiaire — en cas de vente du terrain, par exemple — par une demande conjointe du titulaire et du bénéficiaire, adressée à la mairie.

Le permis transféré conserve sa durée de validité restante.

La prorogation

Règle
Durée initiale3 ans
ProrogationDeux fois un an, soit 5 ans au total
DemandeAu moins 2 mois avant l'expiration, par courrier à la mairie
ConditionLes règles d'urbanisme et les servitudes ne doivent pas avoir évolué de façon défavorable

La caducité

Le permis devient caduc si les travaux ne sont pas commencés dans le délai de validité, ou s'ils sont interrompus pendant plus d'un an.

Un commencement de travaux suppose des travaux significatifs révélant la mise en œuvre effective du permis — terrassement, fondations. Un piquetage ou une clôture de chantier ne suffisent pas.

Fin de chantier : la DAACT et les déclarations fiscales

Trois démarches dans les 90 jours suivant l'achèvement.

1. La DAACT

La déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux s'adresse à la mairie. Elle atteste que les travaux ont été réalisés conformément à l'autorisation.

La mairie dispose ensuite d'un délai pour contester la conformité — généralement 3 mois, porté à 5 mois dans certains cas, notamment en secteur protégé ou en zone à risques. Passé ce délai sans contestation, vous pouvez demander une attestation de non-contestation de conformité, document que le notaire réclamera à la revente.

2. La déclaration fiscale

Via le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr. Elle déclenche l'actualisation de la valeur locative cadastrale et donc de la taxe foncière.

Faite dans les 90 jours, elle ouvre droit à une exonération de taxe foncière de 2 ans sur la construction nouvelle. Passé ce délai, l'exonération est perdue. Cette exonération est le principe posé par l'article 1383 du Code général des impôts, mais la commune ou l'EPCI peut la supprimer ou la réduire par délibération : à vérifier auprès du service des impôts fonciers.

3. Les attestations de fin de travaux

Selon la nature du projet, des attestations peuvent être exigées à l'achèvement — notamment une attestation de prise en compte du risque de retrait-gonflement des argiles pour les constructions concernées, ou des attestations relatives à la réglementation thermique et acoustique. Faites préciser par votre maître d'œuvre celles qui s'appliquent à votre projet.

En cas de refus

Attention, la règle a changé. Depuis la loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025, le recours gracieux ne proroge plus le délai de recours contentieux, et le délai pour le former est ramené à un mois.

VoieDélaiEffet
Recours gracieux auprès du maire1 moisNe proroge plus le délai contentieux
Recours contentieux devant le tribunal administratif2 mois à compter de la notification
Référé-suspensionGreffé sur le recours au fondBénéficie désormais d'une présomption d'urgence
Nouveau dépôt corrigéAucun délaiSouvent la voie la plus rapide

La conséquence pratique : si vous envisagez sérieusement le contentieux, déposez le recours dans les deux mois sans attendre la réponse au recours gracieux.

Le sujet est traité en détail dans notre article sur les recours.

Les 8 erreurs qui font perdre un mois

1. Déposer un dossier incomplet. Le délai ne s'allonge pas, il repart intégralement à zéro.

2. Ne pas coter les hauteurs sur le plan de masse. L'article R.431-9 exige une cotation en trois dimensions.

3. Omettre l'état initial sur le plan de masse, le plan de coupe et les plans de façades.

4. Bâcler la notice PCMI4. Elle doit décrire les matériaux, les teintes et l'insertion — pas se contenter de trois lignes.

5. Utiliser une version périmée du Cerfa. Vérifiez le millésime sur service-public.gouv.fr avant de remplir.

6. Mal renseigner la déclaration des éléments nécessaires au calcul des impositions. C'est elle qui détermine votre taxe d'aménagement et vos exonérations.

7. Négliger la preuve de l'affichage. Sans elle, le délai de recours des tiers ne court jamais.

8. Oublier la DAACT et la déclaration fiscale dans les 90 jours. C'est ce qui fait perdre l'exonération de taxe foncière de 2 ans.

Questions fréquentes

À partir de quelle surface faut-il un permis de construire ?+

Au-delà de 20 m² de surface de plancher ou d'emprise au sol créée. Ce seuil monte à 40 m² pour l'extension d'un bâtiment existant située en zone urbaine d'une commune dotée d'un PLU. Le permis est également obligatoire, quelle que soit la surface créée, dès que le total après travaux dépasse 150 m² de surface de plancher.

Quelles pièces fournir dans un dossier de permis de construire ?+

Huit pièces obligatoires : plan de situation (PCMI1), plan de masse (PCMI2), plan de coupe (PCMI3), notice descriptive (PCMI4), plans des façades et toitures (PCMI5), document graphique d'insertion (PCMI6), photographie proche (PCMI7) et photographie lointaine (PCMI8). S'y ajoutent des attestations selon la nature du projet.

Combien de temps dure l'instruction d'un permis de construire ?+

Deux mois pour une maison individuelle et ses annexes, trois mois pour les autres constructions, majorés d'un mois en secteur protégé. Le délai ne court qu'à compter d'un dossier complet et il est suspendu par toute demande de pièces complémentaires, auquel cas il repart intégralement à zéro.

Combien coûte un permis de construire ?+

Le dépôt en mairie est gratuit. Le montage du dossier coûte de 300 à 900 € via un service en ligne, 600 à 1 800 € chez un dessinateur, 1 500 à 4 000 € chez un architecte pour une mission de dépôt. S'ajoute la taxe d'aménagement : environ 5 800 € pour 100 m² hors Île-de-France avec des taux moyens.

L'architecte est-il toujours obligatoire ?+

Non. Il l'est dès que la surface de plancher totale après travaux dépasse 150 m², seuil porté à 800 m² pour les constructions agricoles. Pour une personne morale comme une SCI ou une SARL, il est obligatoire dès le premier mètre carré, sans seuil.

Combien de temps un permis de construire est-il valable ?+

Trois ans à compter de sa notification, prorogeables deux fois un an sur demande adressée au moins deux mois avant l'expiration. Le permis devient également caduc si les travaux sont interrompus pendant plus d'un an.

Puis-je commencer les travaux dès l'obtention du permis ?+

Légalement oui, dès la notification et l'affichage. En pratique, il est fortement conseillé d'attendre l'expiration du délai de recours des tiers — deux mois à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage — et celle du délai de retrait de trois mois par la mairie.

Que faire si mon dossier est déclaré incomplet ?+

Vous disposez de trois mois pour fournir les pièces demandées. Le délai d'instruction est suspendu puis repart intégralement à zéro à réception. Vérifiez au passage que les pièces réclamées figurent bien dans la liste limitative du Code de l'urbanisme : une demande portant sur une pièce non exigible est illégale et ne suspend pas le délai.

Peut-on modifier un permis de construire déjà obtenu ?+

Oui, par un permis modificatif, tant que le permis initial est valable et les travaux non achevés, et à condition que la modification ne bouleverse pas l'économie générale du projet. Pour un changement d'implantation ou de destination, un nouveau permis est nécessaire.

Faut-il déclarer la fin des travaux ?+

Oui. La DAACT doit être déposée en mairie dans les 90 jours suivant l'achèvement, et la déclaration fiscale effectuée dans le même délai via « Gérer mes biens immobiliers ». Cette dernière conditionne l'exonération de taxe foncière de deux ans.

Sources

  • Code de l'urbanisme, articles R.421-1 à R.421-17 (champ des autorisations)
  • Code de l'urbanisme, articles R.431-4 à R.431-16 (composition du dossier)
  • Code de l'urbanisme, article R.431-2 (recours à l'architecte)
  • Code de l'urbanisme, articles R.423-1 et suivants (instruction)
  • Code de l'urbanisme, articles R.424-15 et R.600-2 (affichage et recours)
  • Code de l'urbanisme, articles R.424-17 et suivants (validité, prorogation)
  • Code général des impôts, articles 1635 quater A et suivants (taxe d'aménagement)
  • Loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement
  • service-public.gouv.fr — Permis de construire

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Rédigé par

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