En bref

  • Des panneaux en toiture d'une construction existante relèvent de la déclaration préalable, quelle que soit la puissance, car ils modifient l'aspect extérieur (article R.421-17 a).
  • Des panneaux au sol : aucune formalité si la puissance est inférieure à 3 kWc et la hauteur inférieure à 1,80 m ; déclaration préalable de 3 kWc à 1 MWc ; permis de construire au-delà (articles R.421-2 et R.421-9).
  • Sur une construction neuve, les panneaux figurent dans le permis de construire de la maison.
  • Délai : 1 mois, 2 mois en secteur protégé avec avis de l'ABF.
  • Une commune ne peut pas interdire les panneaux solaires par principe hors secteurs protégés (article L.111-16), mais le PLU peut encadrer l'aspect.
  • L'autorisation d'urbanisme est exigée par le gestionnaire de réseau pour le raccordement et par EDF OA pour le contrat d'achat.

Voici la formalité selon le type d'installation, les pièces du dossier, les règles en secteur protégé et les motifs d'opposition.

Quelle formalité selon le type d'installation ?

InstallationFormalitéDélai
Panneaux en toiture (surimposition ou intégration) sur une maison existanteDéclaration préalable1 mois (2 en secteur protégé)
Panneaux en toiture d'une annexe existante (garage, abri)Déclaration préalable1 mois
Panneaux au sol, puissance < 3 kWc et hauteur ≤ 1,80 m, hors secteur protégéAucune formalité—
Panneaux au sol, de 3 kWc à moins de 1 MWc, ou hauteur > 1,80 mDéclaration préalable1 mois
Panneaux au sol ≥ 1 MWcPermis de construire3 mois
Ombrière de stationnement, pergola solaireRégime de la construction nouvelle : aucune formalité ≤ 5 m², déclaration de 5 à 20 m², permis au-delà, et déclaration dans tous les cas si adossée1 à 2 mois
Panneaux prévus sur une maison neuveInclus dans le permis de construire2 mois
Kit « plug and play » posé au sol ou sur balcon, < 3 kWcAucune formalité hors secteur protégé ; déclaration en secteur protégé—

En secteur protégé (abords de monument historique dans un rayon de 500 m ou périmètre délimité, site patrimonial remarquable, site classé), la déclaration préalable est requise dans tous les cas, y compris pour les panneaux au sol de faible puissance (article R.421-11).

Le dossier de déclaration préalable pour des panneaux solaires

Le formulaire est le Cerfa 16702. Les pièces à joindre :

PièceContenu attendu
DP1 — Plan de situationLocalisation de la parcelle dans la commune
DP2 — Plan de masseVue de dessus de la maison avec le pan de toiture équipé, orientation, position et dimensions du champ de panneaux, distances aux limites pour une installation au sol
DP4 — Plan des façades et toituresÉtat existant et état projeté du pan de toiture concerné, avec le calepinage des panneaux coté
DP5 — Représentation de l'aspect extérieurSouvent remplacée par DP6
DP6 — Insertion graphiquePhotomontage de la maison avec les panneaux, depuis la rue
DP7 / DP8 — PhotographiesEnvironnement proche et lointain
Notice (DP11)Obligatoire en secteur protégé : matériaux, couleur des cadres et des panneaux, mode de pose, justification de l'implantation

L'installateur fournit en général le calepinage et une simulation. Le plan de masse coté, l'insertion depuis l'espace public et la notice en secteur protégé restent à produire, et ce sont ces pièces que la mairie réclame en complément. Chaque demande de pièce coûte un mois, et donc un mois de production perdue.

Le tableau des surfaces du Cerfa indique 0 m² de surface de plancher et d'emprise au sol pour une installation en toiture. Aucune taxe d'aménagement n'est due.

Que vérifie la mairie ?

Le PLU

Le règlement de la zone peut encadrer les panneaux au titre de l'aspect extérieur : intégration au plan de la toiture, pose parallèle au versant, teinte des cadres, interdiction sur les versants visibles depuis un monument, regroupement en un seul champ rectangulaire. Le guide du PLU indique où lire ces dispositions.

La limite au pouvoir de la commune

L'article L.111-16 du Code de l'urbanisme interdit à l'autorité compétente de s'opposer à l'installation de dispositifs de production d'énergie renouvelable, dont les panneaux solaires, nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf dans les secteurs protégés et sauf pour des motifs tenant à la bonne intégration dans le paysage ou à la sécurité. Une commune ne peut donc pas les interdire par principe, mais elle peut imposer des prescriptions d'aspect.

Les motifs d'opposition les plus fréquents

MotifComment l'éviter
Panneaux dispersés sur plusieurs pans ou en plusieurs blocsRegrouper en un champ rectangulaire unique, aligné sur les lignes de la toiture
Pose en saillie visible (surimposition avec forte épaisseur)Préférer une pose au plus près du versant, cadres de la teinte de la couverture
Cadres aluminium brillantsCadres noirs ou de la teinte des tuiles, panneaux monochromes
Versant visible depuis un monument historiqueDéplacer sur un versant non visible, une annexe, ou au sol
Insertion graphique absente ou irréalistePhotomontage depuis la rue, à l'échelle
Installation au sol en zone A ou NVérifier la compatibilité avec le règlement de la zone, souvent limitée à l'autoconsommation de l'habitation existante

Panneaux solaires en secteur ABF : ce qui change

Dans un périmètre protégé, l'Architecte des Bâtiments de France rend un avis. Il est conforme aux abords d'un monument historique (le maire est lié) et dans les sites patrimoniaux remarquables ; il est simple dans les autres cas. Le délai d'instruction passe à 2 mois.

Les positions des ABF ont évolué. Depuis la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, l'avis ne peut pas être fondé sur un refus de principe. Les prescriptions usuelles : panneaux sur les versants non visibles depuis le monument ou l'espace public, teinte uniforme sombre et mate, cadres noirs, pose intégrée ou à faible saillie, absence de reflets. Une notice soignée, avec photomontages depuis les points de vue sensibles, fait souvent la différence entre un avis favorable avec prescriptions et un avis défavorable.

En cas d'avis défavorable de l'ABF, un recours est possible auprès du préfet de région dans les deux mois.

Une installation solaire en secteur protégé ? Nous montons le dossier et la notice pour l'ABF

Bafter, expert en urbanisme

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Après la déclaration : raccordement et vente du surplus

L'autorisation d'urbanisme n'est pas une formalité isolée. Elle est demandée :

  • par Enedis (ou le gestionnaire local) pour la demande de raccordement, qui ne peut être finalisée sans la décision de non-opposition ;
  • par EDF Obligation d'Achat pour le contrat d'achat du surplus et le versement de la prime à l'autoconsommation ;
  • par le Consuel pour l'attestation de conformité électrique, indirectement, via le dossier de raccordement.

Un chantier réalisé avant la non-opposition expose donc à une infraction d'urbanisme et à un blocage du raccordement. L'ordre à respecter : déclaration préalable, décision, affichage du panneau pendant deux mois, pose, Consuel, raccordement, mise en service.

Faut-il déclarer les panneaux aux impôts ?

Une installation en toiture pour l'autoconsommation ne modifie pas la valeur locative et n'est pas soumise à la taxe foncière. Les revenus de la vente du surplus sont exonérés d'impôt sur le revenu pour les installations de moins de 3 kWc, sous conditions (article 35 ter du Code général des impôts). Au-delà, ils sont imposables en bénéfices industriels et commerciaux, avec le régime micro-BIC.

Les 6 erreurs les plus fréquentes

1. Laisser l'installateur poser avant la décision. Le raccordement sera bloqué et l'installation en infraction.

2. Déposer les seuls documents commerciaux. Sans plan de masse ni insertion depuis la rue, la mairie demande des compléments.

3. Répartir les panneaux sur plusieurs pans pour optimiser la production. C'est le premier motif d'opposition pour l'aspect.

4. Ignorer le périmètre ABF. Un rayon de 500 m autour d'une église classée couvre souvent tout un centre-bourg. Le Géoportail de l'urbanisme l'affiche.

5. Oublier l'affichage. Deux mois d'affichage sur le terrain font courir le délai de recours des voisins.

6. Croire qu'une commune peut interdire le solaire. Hors secteur protégé, elle ne le peut pas par principe ; elle peut imposer l'aspect. Un refus fondé sur une interdiction générale du PLU est contestable.

Questions fréquentes

Faut-il une déclaration préalable pour installer des panneaux solaires ?+

Oui pour toute installation en toiture d'une construction existante, quelle que soit la puissance, car elle modifie l'aspect extérieur. Au sol, une installation de moins de 3 kWc et de moins de 1,80 m de hauteur est dispensée, hors secteur protégé.

Quel est le délai pour une déclaration préalable de panneaux solaires ?+

Un mois à compter du dépôt d'un dossier complet. Deux mois si le projet est situé aux abords d'un monument historique ou dans un site protégé, en raison de l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France.

La mairie peut-elle refuser des panneaux solaires ?+

Elle ne peut pas les interdire par principe hors secteur protégé (article L.111-16 du Code de l'urbanisme). Elle peut s'opposer pour des motifs d'intégration paysagère ou de sécurité, et imposer des prescriptions d'aspect : implantation, teinte, regroupement.

Peut-on installer des panneaux solaires en secteur ABF ?+

Oui, avec une déclaration préalable soumise à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France. Les prescriptions habituelles portent sur le choix du versant, la teinte sombre et mate, les cadres noirs et la pose intégrée ou à faible saillie.

Faut-il un permis de construire pour des panneaux au sol ?+

Uniquement à partir de 1 MWc, ce qui ne concerne pas les particuliers. Entre 3 kWc et 1 MWc, ou si la hauteur dépasse 1,80 m, une déclaration préalable suffit.

Les panneaux solaires sont-ils soumis à la taxe d'aménagement ?+

Non. Une installation en toiture ne crée ni surface de plancher ni emprise au sol. Une ombrière ou une pergola solaire crée en revanche de l'emprise au sol, mais pas de surface taxable tant qu'elle est ouverte.

Peut-on poser des panneaux solaires sans autorisation si la maison n'est pas visible de la rue ?+

Non. La déclaration préalable est due pour toute modification de l'aspect extérieur, que la toiture soit visible ou non depuis l'espace public.

Sources