En bref

  • Le document graphique d'insertion (PCMI6 pour un permis, DP6 pour une déclaration) montre le projet dans son environnement (article R.431-10 c du Code de l'urbanisme).
  • Il est obligatoire pour tout permis, et pour une déclaration préalable en secteur protégé ou lorsque le projet est visible depuis l'espace public.
  • Le format standard est le photomontage : le projet dessiné ou modélisé, incrusté sur une photographie prise depuis l'espace public.
  • Il doit respecter les proportions, les teintes et les matériaux annoncés dans la notice et sur les façades.
  • Il se réalise avec un logiciel de retouche d'images gratuit, ou à partir d'une modélisation 3D.

Voici ce qu'il doit montrer, la méthode et les défauts à éviter.

À quoi sert l'insertion paysagère ?

Le plan de masse donne les dimensions, les façades donnent l'aspect, l'insertion donne la perception. L'instructeur y vérifie que le projet s'intègre au bâti voisin (volumes, hauteurs, alignements) et que les matériaux et teintes sont ceux de la notice. L'ABF y apprécie la covisibilité avec le monument et l'impact depuis les points de vue sensibles.

C'est aussi la pièce que consultent les voisins lorsqu'ils viennent voir le dossier en mairie. Une insertion réaliste désamorce des recours ; une insertion trompeuse les nourrit.

Ce que le document doit montrer

ÉlémentAttendu
Le point de vueDepuis l'espace public (rue, chemin), à hauteur d'œil, là où le projet est le plus visible ; en secteur protégé, depuis le monument ou les vues vers lui
Le projet completVolumes, toiture, ouvertures, teintes, matériaux, clôture modifiée le cas échéant
L'environnement existantMaisons voisines, végétation conservée, voirie, sans retouche des abords
Les proportionsLe projet à l'échelle de la photographie : hauteur et largeur cohérentes avec les constructions voisines
Le repérageLe point de prise de vue reporté sur le plan de masse ou le plan de situation
ÉventuellementUne vue « avant » et une vue « après » côte à côte, et une seconde insertion depuis un autre point de vue pour un projet de grande dimension

Une insertion depuis le jardin, invisible du public, ne répond pas à la demande si le projet est visible depuis la rue.

Comment réaliser un photomontage

Étape 1 — Photographier

Depuis l'espace public, par temps clair, à hauteur d'œil, sans grand-angle déformant. Prendre plusieurs points de vue et conserver celui qui montre le mieux le projet. Ce sont souvent les mêmes photographies que les pièces DP7/PCMI7.

Étape 2 — Produire l'image du projet

Trois niveaux de qualité :

  • Dessin à la main sur la photographie imprimée, puis scan : admis pour une déclaration préalable simple (abri, clôture, fenêtre de toit) hors secteur protégé.
  • Incrustation 2D : la façade projetée, dessinée et colorisée, redimensionnée et posée sur la photographie avec un logiciel de retouche gratuit. Le niveau attendu pour la plupart des extensions et annexes.
  • Modélisation 3D intégrée à la photographie : le standard pour une maison, une surélévation ou un projet en secteur protégé.

Étape 3 — Vérifier la cohérence

Mêmes teintes (RAL), mêmes matériaux, même pente de toiture que sur les façades et dans la notice. Un enduit blanc cassé sur les façades et gris clair sur l'insertion est une incohérence relevée.

Étape 4 — Mettre en page

Un A4 ou A3 avec le cartouche « PCMI6 – Document graphique d'insertion », le point de vue numéroté et reporté sur le plan de masse, la mention « vue depuis la rue X ».

L'insertion en secteur protégé

Aux abords d'un monument historique, l'ABF attend un photomontage depuis les points de covisibilité : les endroits d'où l'on voit à la fois le monument et le projet. Deux ou trois vues sont préférables à une seule. Les matériaux doivent y apparaître avec leur texture et leur teinte réelles, mates. Une insertion soignée, cohérente avec une notice argumentée, obtient plus souvent un avis favorable avec prescriptions qu'un refus.

Le guide sur l'Architecte des Bâtiments de France détaille la procédure.

Une insertion paysagère réaliste et cohérente avec vos plans, réalisée par un expert

Bafter, expert en urbanisme

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Les 5 défauts qui font demander la pièce

1. Un point de vue depuis le jardin. Le document doit montrer la perception depuis l'espace public.

2. Une image 3D « catalogue » sans l'environnement réel. La perspective isolée du logiciel n'est pas une insertion.

3. Des proportions fausses. Une extension dessinée plus petite que la réalité est une insertion trompeuse.

4. Des abords retouchés. Un voisin gommé, une haie ajoutée : la pièce perd toute valeur.

5. Une incohérence de teinte avec la notice et les façades.

Questions fréquentes

L'insertion paysagère est-elle obligatoire pour une déclaration préalable ?+

Oui si le projet est situé en secteur protégé, ou s'il est visible depuis l'espace public et modifie l'aspect extérieur. Elle est alors la pièce DP6. Hors de ces cas, elle est facultative mais souvent demandée.

Comment faire une insertion paysagère gratuitement ?+

Avec une photographie prise depuis la rue et un logiciel de retouche gratuit : la façade projetée, dessinée ou issue d'un logiciel de plan, est redimensionnée et posée sur la photographie. Un dessin sur photographie imprimée est admis pour les projets simples hors secteur protégé.

Combien de vues fournir ?+

Une vue suffit pour un projet courant. Deux ou trois vues sont recommandées pour une maison, une surélévation, ou tout projet en secteur protégé.

L'insertion doit-elle montrer la clôture ?+

Si la clôture est créée ou modifiée par le projet, oui. Elle fait partie de l'aspect perçu depuis l'espace public.

Une perspective 3D remplace-t-elle l'insertion ?+

Non. La perspective isole le bâtiment ; l'insertion le place dans son environnement réel. Une modélisation 3D peut servir de base, à condition d'être intégrée dans une photographie du site.

Sources

  • Code de l'urbanisme, articles R.431-10 c, R.431-36
  • Notice explicative du Cerfa 13406 et du Cerfa 16702 (service-public.gouv.fr)